Soldats de la Révolution

Au siècle dernier, Cras honora ses morts tombés à l’ennemi, édifiant un monument sur lequel sont inscrits leurs noms.

Mais où sont les guerres d’antan ? Autrement dit, que sait-on de ceux qui, par exemple, furent enrôlés dans la milice royale ? Et il en fut, très certainement, qui étaient originaires de Cras. Ainsi d’un certain Denis Sibellaz qui, à la date du 17 avril 1715, était « absent de la province pour estre au service du Roy dez environ ving-trois années… » (ADA, 3E 15483). En voici donc un au moins qui servait dans les armées royales, vers la fin du Grand Siècle.

Plus proche de nous, on sait que des levées d’hommes eurent lieu durant la période révolutionnaire. Après les vagues de volontaires et devant la menace d’invasion étrangère, la jeune patrie étant en danger, vint le temps des réquisitionnés, des tirés au sort.

En attendant de revenir sur ces premières conscriptions qui ne furent pas sans émouvoir notre commune, entraînant des désertions et des résistances, nous souhaiterions pour lors honorer la mémoire de deux de ces soldats originaires de Cras, oubliés comme tant d’autres, engagés volontaires ou non au service de la République.

Joseph Colmard (1772-1805)

Nous savons que Joseph Colmard était né, le 15 janvier 1772, de Benoît, laboureur de Balvay, et Anne-Marie Bozonnet. Que, volontaire, il avait été affecté au 3ème bataillon du Cher (Armée du Rhin) et y avait servi à partir du 25 mai 1793, ainsi qu’en témoigne un certificat établi à la date du 27 ventôse An II (= 17 mars 1794), certificat dont la conservation tient du miracle.

Ce milicien revit-il jamais le sol natal ? En tout état de cause, les services de la préfecture de l’Ain qui avaient donné suite aux réclamations de sa famille, privée depuis longtemps de ses nouvelles, se virent adresser, le 17 ventôse An XIII (= 8 mars 1805), du chef de la 4ème division du Ministère de la Guerre, l’acte de décès du dit Joseph Colmard. Mais nous ignorons où ce soldat en activité de service dans les armées de l’Empire perdit la vie[1].

Joseph Perret (?-1795)

Joseph Perret servit quant à lui à la 4ème compagnie du 5ème bataillon de l’Isère. Il décéda à l’Hôpital de Toulon le 19 fructidor An III (= 5 septembre 1795).

[1] Archives départementales de l’Ain, 4 L 47. L’acte de décès n’a apparemment pas été conservé.

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