Bref historique

Cras émerge des sources écrites à partir de la seconde moitié du XIIIème siècle – en tant que territoire et paroisse. Il est bien évident que, consultant ces toutes premières archives, nous prenons l’histoire en marche : Cras existe de bien plus longue date et l’archéologie, si jamais elle venait à investiguer sur son sol, aurait chance d’éclairer sa pré-histoire.

I. Sous la domination savoyarde

Durant toute la période que l’on appelle Moyen Âge, et qui correspond en gros à la domination des comtes puis ducs de Savoie, l’histoire de Cras peut être documentée par les comptes des châtelains de Bourg, par quelques chartes ainsi que par des terriers de reconnaissances.

(Minute du 3 juillet 1439, Archives départementales de Savoie, SA 3952)

Au Moyen Âge, nos ancêtres ruraux vécurent dans le cadre de la seigneurie. Des hommes, pour les biens qu’ils tenaient d’eux, étaient des taillables des comtes et des ducs de Savoie. Mais la seigneurie pouvait être plus proche. Un compte de subsides de l’année 1431 nous permet de connaître l’identité des nobles qui possédaient des hommes et des biens dans la paroisse de Cras. Nous n’en dénombrons pas moins d’une douzaine. Les seigneurs Jean de la Teyssonnière, Humbert de Bouvent et Jean de La Baume, comte de Montrevel, sont les principaux, ceux qui du moins détiennent le plus grand nombre d’hommes (jusqu’à 8 pour le premier).

Malheureusement, de trop rares terriers de ces seigneuries locales nous sont parvenus. Les quelques subsistants nous permettent néanmoins de connaître l’étendue et la nature des biens dont ces nobles ont le domaine éminent mais aussi les conditions juridiques, variées, des hommes qui les font valoir.

  Vers la fin du XVIème siècle, la Bresse étant redevenue savoyarde – mais pour fort peu de temps –, une seigneurie, Langes, qui n’était jusqu’ici qu’une toute modeste enclave, va prendre son essor et se tailler la part du lion. Pierre de Joly, conseiller d’État à la Cour de Savoie, fait ériger sa terre en baronnie et lui et ses successeurs, à partir de là, n’auront de cesse qu’ils ne l’agrandissent et ne l’embellissent. Profitant d’une conjoncture défavorable aux ménages paysans, nos riches seigneurs justiciers vont multiplier les achats et constituer de beaux domaines agricoles (dont quelques éléments subsistent dans notre paysage). Ce faisant, ils vont réaménager le territoire de Cras, lui donnant une tout autre physionomie.

  Toutes ces acquisitions ne se limiteront d’ailleurs pas qu’au seul finage de Cras. Si la baronnie de Langes s’étendait sur une partie des actuelles communes d’Étrez et de Malafretaz, les biens fonciers des seigneurs de Langes empiétaient encore sur les territoires voisins d’Attignat et de Marboz (sans parler d’anciens fiefs plus éloignés qu’ils avaient récupérés à leur profit). Pour avoir quelque idée de cette seigneurie dans la plus grande extension qui fut la sienne, nous renvoyons à la vente passée le 3 messidor An III (= 21 juin 1795) par le dernier seigneur baron de Langes, Charles-Pierre Savalette de Magnanville. La terre de Lange sera par la suite partagée mais sa désagrégation complète n’interviendra qu’après 1850.

* * *

II. Ancien Régime

Publications similaires