Le château de Lange

Au XVème siècle, il est simplement parlé d’une maison (domus). À la date du 4 août 1552, la maison de Langes est dite « forte ». C’est-à-dire qu’elle était pourvue d’un système défensif, dont d’imposants fossés (que donnent encore à voir l’ancien cadastre napoléonien).

Le château était de plan carré, ceint de murailles. Pour pénétrer à l’intérieur, il fallait emprunter le grand pont dormant (fixe, sur les douves) puis le pont levant (ou pont-levis). On passait sous une tour-porche (la tour du portail, où devaient se trouver les geôles du château) et l’on parvenait dans la cour. Un escalier intérieur (la viorbe) permettait d’accéder à des galeries couvertes qui desservaient certaines parties de l’édifice.

Le corps de logis était à deux niveaux. Outre la salle du poêle (le pêle) et les chambres, il y avait des cuisines, une paneterie, un cellier et une cave. On sait qu’une chapelle était située sous la chambre haute.

Le château fut détruit à la Révolution mais il en restait encore une aile à la date du 3 messidor An III (= 21 juin 1795). Une partie des matériaux servit à la reconstruction du moulin de la Bévière (cne de Malafretaz).

Demeure aujourd’hui la ferme de Langes, à l’ouest de l’ancien château, appelée autrefois le domaine des basses-cours. Au siècle dernier, elle était encore l’exploitation agricole la plus importante.

Qui logeait au château ?

Claude de Curtil fit son testament à la date du 11 février 1558 « malade d’une maladye ou il est detenu gisant en ung lict de son chasteau de Langes ».

Il mourut sans doute au château, là où il avait vécu, ainsi que l’avaient fait avant lui les seigneurs Pelossard, ses prédécesseurs. Par la suite, sous l’ère des de Joly de Choin, un seul seigneur paraît y avoir vécu (et y être décédé). Les autres, qui étaient gouverneurs de la ville de Bourg, pouvaient y séjourner mais n’en faisaient pas moins leur résidence ordinaire dans leur hôtel particulier (appelé encore Hôtel du Gouvernement ou Hôtel de Choin, au n° 21 de l’actuelle rue Victor Basch). Le dernier seigneur baron de Langes, Charles-Pierre Savalette de Magnanville, originaire de la région parisienne, n’y fit que de très courtes apparitions.

Si les seigneurs de Langes ne séjournaient que très rarement au château, diverses personnes y résidaient, à commencer par des domestiques (serviteurs, chambrières, jardiniers). On sait qu’à la veille de la Révolution, un concierge y logeait.

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