2011
Le service militaire fut créé en 1798, imposant à chaque Français de sexe masculin d’être soldat de 20 ans à 25 ans. Après les dures années de guerre de la Révolution, le peuple français était las de ce système de conscription généralisée et le système par tirage au sort lui sembla plus juste. Tout conscrit qui avait la malchance de tirer un mauvais numéro pouvait encore acheter un remplaçant.
Puis vint une année particulière où, partant pour le tirage au sort, deux jeunes mirent la fleur au fusil à leur manière. Par bravade et aussi pour rire un peu, ils se présentèrent devant l’autorité militaire vêtus d’un smoking, coiffés d’un gibus et ceints d’un ruban vert. La mode était lancée, la tradition suivit.
La fête des conscrits évolua longtemps avant de prendre sa forme définitive. De nos jours encore, elle a lieu à la fin de l’hiver ou au début du printemps, et représente la seule forme qui subsiste de la sociabilité traditionnelle des jeunes hommes dans les villages de notre région. La tradition est bien ancrée dans notre société, créant un véritable lien social entre les différentes classes d’âges. C’est un moment très intense de participation à la vie collective. Mais la fête des conscrits a donné naissance à une autre tradition, le banquet des classes qui réunit chaque année, dans chaque village, les trente ans, les quarante ans et toutes les décennies suivantes.
Notre association est heureuse de vous présenter cet album d’une centaine de photographies de conscrits de Cras-sur-Reyssouze.
À vous maintenant de partir dans les farandoles des conscrits, à vous de reconstruire les pages de l’histoire de Cras, de vous remémorer ces bons moments de fête. De visage en visage, de classe en classe, vous allez reconnaître un frère, un arrière-grand-père, un cousin éloigné… un lien qui alimentera vos discussions futures et vous restituera votre passé.






